L'été c'est plus court que les autres saisons. Et chaque année commence et finit en été, dis-moi de penser à l'année dernièree et je penserais à l'été dernier, parce que l'été c'est comme une petite année dans l'année.
C'est une parenthèse qui se traîne, le sentiment qu'on me ramène quelque chose à chaque fois, mais je ne saurais pas dire quoi...
Pourquoi l'été pour moi ne se conçoit pas au futur ? Pourquoi est-ce que ce sont des bulles de présent qui flottent dans mon passé ?
Et chaque été est différent de celui d'avant. Et chaque été a son identité, c'est "l'été d'il y a 3 ans", "l'été d'il y a 2 ans"... Et chacun résonne dans mon présent , et tout le reste de l'année me semble froid, inutile, vécu comme une attente, à peine vécu en fait.
Et là, l'été arrive. L'année est mise en pause et en même temps je sens chaque seconde qui passe, chaque minute qui file entre mes doigts je peux la saisir, la tordre, l'étirer et la changer de forme ; tout ce temps, qui coule comme une cascade sans s'arrêter sur moi et dans ma tête et autour de moi, que je ne peux pas arrêter mais que je sens, que je perçois aussi bien qu'une odeur ou qu'une couleur.
L'été n'a pas de fin, n'a pas de début. Vous voyez les feuilles qui deviennent marrons et le soleil plus pâle, le ciel plus couvert : mais ça ne veut pas dire que l'été est fini. Cet été, ce vrai été qui vous a enlevée, bercée, qui vous a ouvert les yeux, qui vous a porté comme une rivière, et bien il est toujours là, mais il disparaît à nos yeux : il n'est jamais vraiment parti parce que l'été, c'est l'essence des choses, de chaque feuille, de chaque arbre, de chaque instant, c'est ce qui les révèle et les fait vivre ; alors il est toujours là, en toile de fond, caché, comme un tableau recouvert d'une couche de peinture qu'il faudrait gratter pour redécouvrir l'image en dessous.
Through empty heaven without repose;
And in the blue and glowing days
More thick than rain he showers his rays.
Though closer still the blinds we pull
To keep the shady parlour cool,
Yet he will find a chink or two
To slip his golden fingers through.
[...]
Meantime his golden face around
He bares to all the garden ground,
And sheds a warm and glittering look
Among the ivy's inmost nook.
![... [à venir] ... et derrière](http://7e.img.v4.skyrock.com/7ef/the-giant-tree/pics/1715422914_small.jpg)



